depuis plusieurs années, de nombreuses recherches mettent en évidence les effets nocifs avérés d’une surexposition des jeunes enfants aux écrans. Un peu comme pour le tabagisme passif, les écrans, lorsqu’ils sont utilisés par les parents en présence d’enfants, ont également des conséquences néfastes sur ceux-ci.
Ce nouveau concept, c’est celui de technoférence qui apparaît dans les travaux de recherche.
Technoférence : quels impacts sur les enfants ?
En analyse de la pratique, il est souvent évoqué des enfants qui sont « dans leur bulle » qui communiquent peu. Ils présentent d’ailleurs souvent un retard de langage.
Par exemple, Liam, bientôt 3 ans, a peu de contact par le regard. Pour entrer en communication, il touche le bras de l’adulte. Quand il arrive le matin, il paraît inquiet. On dirait que tout est nouveau pour lui. Il aime bien participer aux activités, mais n’a aucun contact avec les autres enfants, il les regarde mais ne les imite pas. Le comportement de Liam nous rappelle d’autres enfants pour lesquels, avec l’équipe, nous avons soupçonné l’impact d’une trop forte exposition aux écrans. La maman de Liam parle de sa fatigue. Le téléphone, la tablette ou la télévision sont-ils utilisés pour occuper le petit garçon à la maison ?
Anne-Lise Ducanda (2020), médecin de PMI, milite pour que soit répertorié ce nouveau trouble, fruit de notre société hyperconnectée. Certes, les enfants ne deviennent pas autistes, mais ils peuvent présenter des comportements qui ressemblent au syndrome autistique. Les professionnels de la petite enfance sont aujourd’hui informés et essaient de sensibiliser les parents.
Les recherches récentes soulignent un effet néfaste des écrans sur les enfants : l’interruption des interactions par l’usage des écrans… par les adultes eux-mêmes. Ce phénomène, appelé « technoference » (Mac Daniel, 2018), désigne les interruptions fréquentes des moments partagés à cause des technologies numériques.
Les recherches montrent que l’usage des écrans par les adultes perturbe les interactions avec les enfants. Ce phénomène, appelé « technoference » (Mac Daniel, 2018), désigne les interruptions des moments partagés dues aux appareils numériques. Contrairement aux interruptions ordinaires du quotidien (ouvrir une porte, servir un yaourt), celles créées par les notifications captent aussi l’attention mentale de l’adulte, qui devient psychiquement indisponible. Répétées trop souvent, ces interruptions rendent les échanges avec l’enfant fragmentés et moins qualitatifs.
Que faire pour limiter les impacts de la technoférence ?
c’est plutôt simple, proscrire au maximum l’utilisation du portable/ordinateurs(ecran en général) en présence des enfants, surtout sur les moments de partage repas, balades, jeux, lecture …
Le constat fait par les chercheurs sur les effets de ces écrans nomades utilisés par les adultes nous rappelle à quel point la disponibilité psychique est essentielle pour le tout petit. Ces travaux récents nous renvoient des années en arrière lorsque Spitz et Bowlby mettaient en évidence l’existence des carences affectives. Sans être dans des tableaux aussi sombres, le mal-être de ces tout-petits doit nous interpeller et nous amener à agir en répondant à leur besoin de présence.
Comme le chante Aldebert dans son album Enfantillages 4, « Écrans, débranchez nos parents coupez leur donc le wifi On fera connaissance »
